J'avais prévu tellement de posts... une journée à Porquerolles avec photos qui vont bien. Un commentaire sportif de haut vol sur le match de rugby entre Toulon et Toulouse où nous étions avec Pop. Le détail des préparatifs de déménagement, entremêlé du détail des préparatifs de fête de Pacs.
J'avais prévu aussi, un post enflammé sur ma tendre moitié dont je suis de plus en plus accroc, sur la magie de l'amour, etc, etc...
J'avais prévu encore et toujours de me lamenter sur le triste sort qui est le mien, soit celui de toute free-lance débutant en période de crise économique.
Et puis, mon année neuve, mes projets, mon changement radical de karma me sont revenus en pleine face alors que je m'y attendais le moins. Moi qui, en général, m'attend toujours à tout... histoire de pas être déçue. J'ai baissé la garde.
Il aura fallu un message répondeur de ma mère en pleurs pour que je comprenne qu'à nouveau, j'allais, nous allions, basculé dans la énième dimension.
J'étais loin du compte quand je suis arrivée "à la maison". Du sang partout parterre et sur les murs, des meubles renversés, une odeur de brûlé. Rien qu'à l'écrire j'en ai la nausée en même temps que la chair de poule.
Et toujours, cet instinct de survie qui me pousse à ne pas m'arrêter. Me figer.
Je crois que Pop est pareil. Elle aurait pu (elle aurait dû ?) tout faire : hurler, s'évanouir, me questionner, me dire qu'elle se barrait. Non, elle a fait comme j'ai fait. Elle a serré les dents et... brossé, lavé, astiqué. Pour que les traces de folie, de colère, de malaise disparaissent. Pendant près de trois heures [Dieu que cette maison est grande].
Et puis, comme si cela ne suffisait pas, nous avons passé les trois heures suivantes à l'hôpital.
Où j'ai décidé de me concocter mon petit cauchemar à moi.
J'aurais pu laisser faire les choses. Ramener ma soeur chez elle. Dans ce chez elle qu'elle venait de mettre à sac, devant sa mère et ses deux enfants. Comme une furie. Une femme sous influence.
La ramener. Peut-être lui faire la moral sur sa responsabilité de mère, sur les substances qu'elle prend, sur le moment de changer les choses...
Mais j'étais passé par la case départ. J'en avais trop vu. Le sang, les enfants incapables de s'endormir sereinement. Ma mère, sanglotant.
J'ai pris l'option cauchemar. Le cauchemar de devoir refuser sa sortie de l'hôpital.
Celui de signer un papier d'internement.
Celui d'entendre ma petite soeur hurler comme une bête de l'autre côté du mur quand on l'a sanglé et sédaté. Quand elle m'a insulté.
Et pleuré. Et supplié...
Ce soir, nous sommes huit jours plus tard.
Je veux croire que tout ça a servi à quelque chose. Et pourtant, je suis loin d'en être convaincue.
La seule chose de tangible, ce sont mes nuits de plus en plus courtes. Cette incapacité à m'endormir le soir.
La peur au ventre.
Celle qu'un jour on m'appelle parce que l'ultime limite a été franchie.
Celle qui me met en colère aussi, de voir ces gamins si mal partis, alors que tout est à portée de leurs si petites mains.
Celle qui rend mes yeux ronds comme des billes dans une nuit froide comme la mort.
La clairvoyance au ventre.
4 commentaires:
Je ne sais que dire devant cette violence et ces douleurs...
En espérant que le sommeil reviendra, et que tu cesseras de regretter tes choix - tu l'as fait pour protéger tes neveux et nièces, et cela me semble légitime...
Je te souhaite bien du courage.
Non, pas grand chose ne changera, recentre-toi sur ton couple et essaie de faire abstraction de ce sur quoi tu n'as aucune prise. Courage
Tatie Danielle a sûrement raison. C'est bien l'évidence qui me contrarie et vient s'entrechoquer avec mon côté "irrésolue". Cornélien.
Mais j'entends bien le conseil et instinctivement, je sens bien qu'il faut effectivement que je me centre sur ma vie.
Merci Flouch. Avoir écrit ce post m'a déjà fait du bien. Je le sens. La résolution de problèmes passe souvent par l'écrit chez moi. Enfin, la nuit dernière a été aussi pourrie que les autres mais aujourd'hui, je sens que ça va aller.
Avec de jolis commentaires qui poussent dans le bon sens et des histoires de sushis chapottés, j'ai bon espoir... ;)
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