Parmi ces choses, il s'agissait d'aller voir l'exposition Camille Claudel au musée Rodin.
Je ne vais pas raconter les moindres détails de l'expo. Il faut y aller si l'artiste vous touche, vous émeut. Par curiosité aussi. Moi, j'y suis allée pour Pop.
Il fallait bien ça comme raison parce que presque 1 heure d'attente pour entrer, c'est un passe-temps (!) que je laisse volontiers aux Parisiens, en général...
Pop aime Camille Claudel. La connaît (pas personnellement s'entend). Et connaît son oeuvre. Notamment "l'âge mûr".
Je n'ai jamais vu quelqu'un faire de tels bonds dans un musée. J'ai vu certains enfants faire ça à Disneyland, je pense que c'est ce que je fais dès que je me trouve dans n'importe quel moyen de transport qui m'emmène à plus de 15kms de chez moi. Mais des bonds dans un musée, non. Première fois. Pop. Dzoing. Pop. Dzong.
C'était tellement nouveau que ça a éveillé ma curiosité. On s'est perdu de vue à un moment donné. Normal. J'avais moins de ressort. Je découvrais tout. J'étais inculte en Camille Claudel.
Je me suis attardée sur "La Valse". Superbe démonstration de mouvement immobile. La quintessence de la sculpture selon moi. D'où mon inintérêt pour les bustes et autres penseurs.
Ce qui me passionne dans cet art, c'est bien le non-mouvement qu'il traduit. En ce qui concerne "La Valse", sa force est de me faire entendre une musique à trois temps et de me donner envie de tourner autour sans relâche. De créer mon mouvement. Comme s'ils nous fallait courir pour animer les 24 images secondes d'un film.
J'y peux rien. Malgré ma lenteur et mon flegme. Je suis une accroc au mouvement.
Ca ne me rend pas hermétique pour autant à la sculpture. Ca me rend juste très pointilleuse sur la question. On ne s'étonnera pas que je voue un culte à Calder, mais j'y reviendrai une autre fois.
Parce que l'attraction ce jour-là, c'était Pop (vous me direz c'est mon attraction depuis presque une demi-année). A un moment, je me suis cachée derrière "Sakountala" pour observer sa fièvre, sa concentration, son application, son contentement à observer "La petite châtelaine".

C'était beau. Mais ce n'est pas tout.
Devant "L'âge mûr" Pop a pleuré. J'étais à côté.
Je ne comprenais pas vraiment ce qui se passait. J'ai juste pleuré aussi.
Pas pour l'oeuvre mais pour une personne qui peut pleurer devant une sculpture qui a plus d'un siècle. Devant l'art. Devant l'inspiration, le combat et la folie d'une artiste.
Au début, j'ai eu du mal à comprendre. Et puis, j'ai réfléchi à ce qui pouvait me faire pleurer. Ce ne sont pas des sculptures (bien qu'un Brancusi ou un Giacometti peuvent me donner le frisson), mais des films, des photos. Des mots ou des notes.
Pop est donc sensible au non-mouvement. Tiens, tiens...

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire