mercredi 4 juin 2008

Journal de préavis (30/30)

Et oui, c'est fini...
Ce soir, j'ai repris ma tasse avec le chat bleu dessus qui fait "oh", ma boîte à crayons en papier recyclé, ma boule à thé et ma crème pour les mains.
C'est fini. Ce qui aura tout de même été ma meilleure expérience professionnelle (oui, je sais, vous vous dites, mais qu'est-ce que ça a dû être avant !) s'est achevé galamment ce soir à 18h00 et des brouettes.
J'ai eu un léger pincement au coeur. On ne laisse pas 18 mois comme ça derrière soi. On ne laisse pas non plus une dizaine de collègues, même si je n'ai été intime avec aucun, le coeur léger.
Ils ont tous été très chouettes. M'ont écrit une jolie carte qui me fait dire que je leur laisserai un bon souvenir. M'ont offert un bon-cadeau.
G. a passé sa journée a immortalisé mes gestes : "hey ! tu sais que là c'est le dernier capuccino que tu bois !" ; "hey ! là c'est la dernière fois que tu remplis le bac à papier de l'imprimante !"
Si vrai. Si faux. Il y aura tant d'autres capuccino et tant d'autres imprimantes.
Il y aura aussi tant d'autres personnes pour le faire à ma place. Remuer la cuillère et regarder à travers le verre si la mousse laisse passer la lumière.
Légérèment onduler le papier pour que la machine ne le corne pas irrespectueusement.
N. a absolument tenu à me voir faire un dernier goûter. Okay, faut pas me pousser.
S. a compté les heures pour moi : "plus que cet après-midi" ; "plus que quelques heures"...
Au final, je n'étais déjà plus là depuis quelques jours. Anticiper les émotions pour mieux les atténuer. Bêtement humain.
M. et Al. ont chanté "Au revoir Président !", ce qui me fait toujours autant rire. Dommage que je n'ai pas gagné au loto dans la foulée. Car il faut bien le dire, la seule peur qui se cramponne à mon estomac lors de quelques spasmes bien sentis, c'est celle de ne pas avoir suffisamment d'argent pour mettre en place mon projet d'entreprise. Et pour vivre le temps de la lancer.
Mais la surprise, il en faut toujours une dans ces moments-là est venue de l'agent oestrogène de "la direction". Depuis le début, il faut l'avouer, Elle avait été parfaite dans la gestion de ma démission. Rien à voir avec l'accro' aux pastilles suffocantes.
Cela avait d'ailleurs permis à l'ambiance de continuer à n'être pas trop mauvaise et à mon cas de n'être pas trop désespéré.
Ce soir, Elle a forcé le respect. A 16h00, Elle est venue m'offrir un cadeau et me dire qu'elle avait pris un grand plaisir à travailler avec moi. Qu'elle allait en garder de précieux souvenirs.
Respect. Emotion aussi. Yeux vitreux de part et d'autres.
Pop ce matin m'avait prédit un espoir dans l'être humain. Un geste, une plume, un léger courant d'air chaud.
Bonne prédiction Pop.
Ce journal de préavis s'achève donc. Va falloir trouver un autre sujet de discussion... mais je ne me fais pas trop de soucis. Ca devrait bien se passer.
Hein ? Ca va bien se passer ?

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